Votre site est en ligne, mais vous n’avez plus la main dessus. L’agence qui l’a construit ne répond plus aux e-mails. Le téléphone sonne dans le vide. Et vous avez besoin de modifier une page, de renouveler le domaine, ou simplement de savoir où tout se trouve.
Cette situation est plus fréquente qu’on ne le pense. Une agence ferme, un freelance change de métier, un prestataire débordé fait le tri dans ses clients sans prévenir. Résultat : votre vitrine principale dépend de quelqu’un qui a disparu.
La bonne nouvelle : dans la plupart des cas, vous pouvez tout récupérer — domaine, hébergement, code, contenus, données — sans repartir de zéro et sans couper votre site. Voici la marche à suivre pour récupérer votre site web auprès d’un ancien prestataire, étape par étape.
Reconnaître le ghosting (et ne pas le confondre avec un retard)
Un prestataire occupé peut mettre une semaine à répondre. Ce n’est pas agréable, mais ce n’est pas un abandon. Le ghosting, c’est un schéma qui se répète :
- Plusieurs relances par e-mail et par téléphone, sans réponse sur trois à quatre semaines.
- Des promesses répétées — “je m’en occupe cette semaine” — jamais suivies d’effet.
- Un site en panne ou piraté, et personne ne réagit.
- Des factures de maintenance qui continuent de tomber alors que plus rien n’est fait.
- Une société radiée ou en liquidation, un site d’agence lui-même à l’abandon.
Dès que vous reconnaissez ce schéma, changez de registre. Arrêtez les relances informelles et envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception : demande de restitution de vos accès, de votre code et de vos données, avec un délai précis. Ce courrier ne sert pas à menacer — il documente votre demande, fixe une date, et pèsera si les choses doivent se régler juridiquement plus tard.
Gardez aussi une trace de tout : captures d’écran du site, e-mails envoyés, factures payées. C’est votre dossier.
Avant tout : qui possède quoi ?
Avant de récupérer quoi que ce soit, il faut savoir ce qui vous appartient. Un site web n’est pas un objet unique — c’est un empilement d’éléments qui ont chacun un propriétaire :
- Le nom de domaine (l’adresse de votre site)
- L’hébergement (le serveur où le site vit)
- Le code source (les fichiers qui font fonctionner le site)
- La base de données (vos contenus, formulaires, commandes, clients)
- Les contenus et médias (textes, photos, logo, vidéos)
- Les comptes tiers (paiement, e-mailing, statistiques, fiche Google)
Sortez votre contrat et vos factures. Cherchez les clauses de propriété intellectuelle et de cession de droits. Puis vérifiez, élément par élément, à quel nom chaque chose est enregistrée. Nous avons détaillé la méthode dans comment vérifier qui est vraiment propriétaire de votre site web — commencez par là si vous n’êtes sûr de rien.
Ce diagnostic conditionne toute la suite : on ne récupère pas de la même façon un domaine enregistré à votre nom et un domaine enregistré au nom de l’agence.
Récupérer le nom de domaine
C’est l’actif le plus important. Un site se reconstruit ; dix ans de notoriété sur une adresse perdue, non.
Premier réflexe : une recherche WHOIS pour identifier le titulaire et le bureau d’enregistrement. Pour un domaine en .lu, le registre officiel est DNS-LU. Trois cas de figure :
Le domaine est à votre nom. Contactez directement le bureau d’enregistrement (le registrar), prouvez votre identité, et récupérez les accès au compte. L’agence n’a plus besoin d’être dans la boucle.
Le domaine est au nom de l’agence. Il faut un transfert de titulaire. Concrètement, l’agence doit vous fournir le code d’autorisation — aussi appelé code EPP ou auth code — qui permet de déplacer le domaine vers votre propre compte. C’est précisément ce que votre lettre recommandée doit exiger. Si l’agence a disparu ou est en liquidation, contactez le registrar avec vos preuves : contrat, factures, marque déposée, pages du site mentionnant votre société. Des procédures existent pour ces cas ; elles sont simplement plus lentes.
Dans tous les cas : surveillez la date d’expiration. Un domaine non renouvelé finit par retomber sur le marché, où n’importe qui peut le racheter. Si l’échéance approche, réglez ce point avant tout le reste.
Récupérer l’hébergement
Deux situations possibles.
L’hébergement est un compte à votre nom que l’agence administrait pour vous : réinitialisez le mot de passe via l’adresse e-mail de facturation, reprenez la main, puis changez tous les accès que l’agence détenait.
L’hébergement est le compte de l’agence — le cas le plus fréquent. Vous ne récupérerez pas le compte lui-même, et ce n’est pas grave. Ce qu’il vous faut, c’est une copie complète : tous les fichiers du site, plus un export de la base de données dans un format standard. Ces deux éléments suffisent pour réinstaller votre site chez un nouvel hébergeur.
Ajoutez cette demande noir sur blanc à votre courrier. Vos données — demandes de contact, historique de commandes, fichiers clients — vous appartiennent. Pour les données personnelles de vos clients, le RGPD joue en votre faveur : le prestataire les traite pour votre compte, pas pour le sien.
Et si rien ne bouge, tout n’est pas perdu : les pages publiques d’un site peuvent être recopiées et les contenus reconstruits. C’est du travail, mais c’est faisable — parfois plus vite qu’une procédure.
Récupérer le code source
C’est ici que le contrat compte le plus. Deux questions à trancher :
- Le contrat prévoit-il une cession des droits sur le code ? Si oui, il est à vous, et l’agence doit vous le remettre.
- Le contrat est muet ? En pratique, le code reste souvent la propriété de son auteur, mais vous conservez un droit d’usage sur ce que vous avez payé. La copie des fichiers déployés — celle de l’hébergement — reste exigible dans la plupart des cas.
Demandez une remise complète : les fichiers, les éventuelles dépendances, et les instructions nécessaires pour faire tourner le site. Le test est simple : un développeur compétent doit pouvoir tout reprendre sans jamais appeler l’ancien prestataire.
Soyons directs sur un point. Si le site a été construit sur un système propriétaire de l’agence, ou si le code est réellement irrécupérable, la refonte est parfois plus rapide et moins coûteuse qu’un bras de fer juridique. Ce n’est pas un échec — c’est un calcul. Ce qu’il faut sauver en priorité : le domaine, les contenus, les données. Le code, lui, se réécrit.
Récupérer les comptes tiers (Stripe, Mailchimp…)
Un site moderne s’appuie sur une constellation de services. Faites la liste, puis reprenez-les un par un :
- Paiement en ligne (Stripe, PayPal) — critique : c’est votre argent qui y transite.
- E-mailing (Mailchimp, Brevo) — votre liste de contacts est un actif commercial.
- Fiche d’établissement Google — vos avis clients y vivent.
- Google Search Console et outils de statistiques.
- Formulaires, prise de rendez-vous, modules de chat.
- Comptes de réseaux sociaux liés au site.
Deux leviers. Si le compte a été créé avec une adresse e-mail de votre entreprise, la procédure “mot de passe oublié” suffit souvent. Si le compte est au nom de l’agence, chaque plateforme a sa procédure de transfert ou de revendication — Google permet par exemple de revendiquer une fiche d’établissement dont vous êtes le propriétaire légitime. Pour les comptes de paiement, contactez directement le support avec vos documents d’entreprise : ces plateformes savent gérer ce cas.
Migrer sans coupure
Une fois les éléments récupérés, ne coupez rien dans la précipitation. Une migration propre suit un ordre précis :
- Sauvegarde complète d’abord. Fichiers et base de données, vérifiés, stockés chez vous.
- Nouvel hébergement installé et testé sur une adresse provisoire, pendant que l’ancien site tourne toujours.
- Attention aux e-mails. Si vos adresses professionnelles dépendent du même prestataire, leur configuration — les enregistrements MX — doit être reproduite avant de toucher au domaine. C’est l’oubli le plus fréquent, et le plus douloureux.
- Bascule DNS. On abaisse la durée de cache (le TTL), puis on pointe le domaine vers le nouveau serveur. La transition se fait en quelques heures, sans interruption visible.
- Redirections conservées. Chaque ancienne adresse doit mener au même contenu ou rediriger proprement, pour préserver votre référencement acquis.
- Résiliation en dernier. On ne coupe l’ancien hébergement qu’une fois le nouveau site vérifié sous tous les angles.
Bien menée, une migration est invisible pour vos visiteurs comme pour Google.
Verrouiller pour ne plus jamais être bloqué
Une fois sorti d’affaire, mettez en place les règles qui rendent le problème impossible à reproduire :
- Le nom de domaine est enregistré à votre nom, sur un compte dont vous détenez les accès.
- L’hébergement est un contrat entre vous et l’hébergeur — le prestataire y est invité, pas propriétaire.
- Le contrat prévoit la cession des droits sur le code et la remise d’une copie à chaque évolution majeure.
- Tous les comptes tiers sont créés avec une adresse e-mail de votre entreprise.
- Vous tenez un document à jour : liste des accès, qui détient quoi, dates de renouvellement.
- Le contrat prévoit une clause de sortie : ce qui se passe, concrètement, si la collaboration s’arrête.
Un prestataire sérieux accepte ces conditions sans discuter. Celui qui les refuse vous dit quelque chose d’important sur la suite.
Et une reprise n’est pas qu’un sauvetage — c’est souvent l’occasion de faire mieux qu’avant. Une refonte bien menée change la donne : Solenergie est passée de zéro leads à des carnets de commandes pleins en 60 jours.
Ce que nous faisons chez Slash.lu
Nous reprenons régulièrement des sites dont le prestataire ne répond plus. La démarche est toujours la même : un état des lieux de ce qui est récupérable, la récupération du domaine et des données, une migration sans coupure, puis — si le site le mérite — une refonte avec tout enregistré à votre nom.
Vous traitez avec un seul interlocuteur du début à la fin, pas un intermédiaire. Et vous repartez propriétaire de chaque brique : domaine, hébergement, code, contenus.
Pour voir comment nous construisons des sites qui appartiennent à leurs clients, explorez notre service de création de site web . Et avant de signer avec un nouveau prestataire, relisez ce qu’un site professionnel doit offrir, quel que soit le budget.
On peut en parler 30 minutes. Réservez un créneau. Que vous travailliez avec nous ensuite ou pas.
Votre site vous appartient. S’il est bloqué chez un prestataire injoignable, c’est réparable — méthodiquement, et souvent plus vite que vous ne le pensez.
Articles liés
Continuer la lecture.
Web Development
Qui est propriétaire de votre site web (et comment le vérifier)
Votre site web repose sur quatre actifs : domaine, hébergement, code source, contenu. Qui les détient vraiment ? Comment le vérifier en cinq minutes.
Lire l’articleStrategy
Subvention site web au Luxembourg : le guide SME Packages – Digital
Le programme SME Packages – Digital rembourse 70% des coûts éligibles de votre projet web aux PME luxembourgeoises. Montants, procédure, pièges : le guide.
Lire l’articleWeb Development
Réservation en Ligne : Ce Que Ça Change pour Votre Activité
Proposer la réservation en ligne modifie la façon dont vos clients vous contactent. Voici ce que ça apporte concrètement pour une entreprise locale au Luxembourg.
Lire l’article